"arrêtez-le, arrêtez-le !!! »
« Attrape-moi vieux balourd »
Le bruit d'une course dans les ruelles, des pieds qui frappe le sol a intervalle régulier, un voleur qui s'échappe.
Le jeune garçon s'arrête, regarde autour de lui et toujours en serrant son butin contre lui, continue sa course folle à travers la ville. Lorsqu'il fut sur que plus personne ne le suivait, il s'assied et ouvrit ses mains. Celles-ci cachaient une pomme que l'enfant se mit à dévorer à belle dent.
« On a coupé des mains pour moins que ça ! »
L'enfant se retourna brusquement, derrière lui, dans l'ombre, se tenais un homme.
Le jeune garçon recula d'instinct, il étudia l'homme mais l'ombre le recouvrait totalement, ainsi son étude se résolva par un échec. L'enfant recula encore, près à s'enfuir de nouveau !
« Attend, ne t'enfuie pas, je ne te ferais aucun mal ! .
L'homme sortit de l'ombre. L'enfant le reconnu aussitôt, c'était Kerto le shérif du pays.
« Comment t'appelle-tu bonhomme ? »
« Lys...Lyserons ! »
« Et quel âge a-tu ? »
« 15 ans »
Kerto fixa le petit homme, il était de taille moyenne mince ou maigre, le visage fin et des yeux emplit de crainte et de curiosité. Ses vêtements étaient déchirer par endroit laissant entrevoir un genou, une partie de mollet, un avant bras. Ses chaussures étaient trouées, non seulement ces trous laissaient voir des parties maigres du corps du jeune adolescent, mais aussi dévoilait la crasse qui l'entourait.
« Tu me semble bien jeune pour avoir 15 ans ! Et pourquoi n'est-tu pas dans l'armée ? »
lyserons leva ses yeux sur lui haussa les épaules et continua à décorer sa pomme.
« Sûrement un orphelin ! »
Pensa le shérif. Il lui sourit dans sourire qu'il voulait bienveillant.
« Vient avec moi, je vais aller payer ta pomme et tu me raconteras d'où tu viens, ça te va ? »
« Non je ne veux pas y retourner, ils vont vouloir me punir ! »
« Mais non, je suis la, il ne t'arrivera rien, je te le promets ! »
« Ho ce n'est pas parce que vous êtes le shérif, que les marchands vont vous obéir ! Dès que vous aurez le dos tourner, ils me puniront ! »
La franchise de ce petit bout d'homme étonna le chevalier, il le fixa de nouveau et cette fois ci, Lyserons lui rendit son regard, un regard emplit de défis et de sincérité ! Kerto se mit à rire.
« hahaha tu m'amuse petit, mais tu ne crains rien ! Du moins si tu reste avec moi ! »
« Ça c'est vous qui le dite, vous ne savez pas ce que c'est de vivre dans les rues de ce pays ! Avec ce froid, ces gens, ce château... toutes les nuits, je dois me trouver un endroit confortable pour dormir et ne pas mourir de froid, et c'est dur parce que je ne suis pas le seul à faire ça et.... »
« Ça va ! Ça va ! Pas besoin de t'énerver petit ! Moi je peux te trouver un petit boulot, et un endroit pour dormir, ça te tente ? »
« Vrai ? Vous ne vous moquez pas de moi ? »
« Aussi vrai que je m'appelle Kerto ! »
« Je peux vous poser une question ? »
« Oui petit va-s'y ! »
« Comment avez-vous fais pour me retrouver si vite ? »
« Simple, je connais cette ville et puis j'ai été enfant avant toi ! »
Lyserons le regarda et pour la première fois lui souri, Kerto lui rendit son sourire.
Ils arrivèrent au marché et Kerto paya la pomme et comme promis, il ne se passa rien, les gens reculaient en voyant le chevalier, d'autres se courbaient sur son passage, ce qui fit beaucoup rire Lyserons.
« Dans le fond, vous êtes quelqu'un de bon monsieur ! »
Cette remarque fit sourire Kerto. Il emmena son petit protégé à la sortie de la ville.
*******
Les écuries royales, une grande grange de bois et de pierre. Elles faisaient 4 maisons de long et 2 de large.
Elles étaient bien réputées, quiconque arrivait à cheval au royaume pouvait y placer sa monture sans risque de se la faire voler. Son seul défaut ? Depuis que Vamir possédait le pouvoir de monarque, le droit d'entrée dans l'écurie était passer de 2 pièces d'or pour une nuit à 10 pièces d'or !!! De quoi dissuader plus d'un voyageur d'y laisser son cheval ! Néanmoins, les écuries étaient toujours pleines. Elles avaient également une particularité, elles possédaient un deuxième étage ou on plaçait également des chevaux. Les animaux y étaient très bien entretenus : une stalle personnelle, de l'avoine et du foin, de la paille au sol, un brossage et si le propriétaire le voulait, le cheval pouvait bénéficier d'un lavage. Les écuries royales regorgeaient de fruits et autres denrées pour les chevaux ; en outre, trois maréchaux-ferrants s'occupaient des soins particuliers, comme remettre de nouveaux fers ou soigner une blessure. Chaque chevalier possédait un écuyer et un petit page. L'écuyer accompagnait son maître le page s'occupait du cheval. Donc la bâtisse grouillait de monde de jour comme de nuit !
C'est ici également que s'entraînait kerto. Sous le regard des chevaux il combattait un épouvantail articulé ou se battait avec Bachlios et Niargo suivant le temps.
Il lui arrivait d'y amener ses conquêtes d'un soir. Conquêtes, c'est un bien grand mot pour des prostituées. Le chevalier les y emmenait lorsqu'il avait trop bu. En temps normal et sobre, jamais cet homme n'aurait approché une femme, d'ailleurs elles s'éloignaient de lui lorsqu'il s'approchait.
Kerto souffrait de cette solitude et de cette bestialité qui certain soir le poussait à trouver une conquête pour satisfaire ses besoins primaires.
Le chevalier fut tirer de sa rêverie par un bruit insolite. Il se retourna baisa le regard sur Lyseron. Ce dernier rougit en se tenant le ventre :
« Désolé, mais j'ai un peu faim je crois ! »
« viens, on va manger un bout et je t'expliquerai ton travail »
Le chevalier emmena son protégé dans une taverne non loin de là.
En les voyant passer tous les deux, bon nombre de gens se signèrent, d'autres regardèrent ce petit bout d'homme suivre le chevalier noir.
« Tiens assis toi ici pendant que je commande ! »
Ils étaient arrivés dans une petite taverne.
Au bout de 20 min, Kerto arriva avec deux plats fumants un verre de lait et un verre de bière.
« Voilà pour toi microbe » dit-il en posant le plat devant Lyseron.
« Merci » souffla le jeune garçon et se faisant, il sauta sur le plat et le dévora en un instant. Kerto le regarda faire, amusé. L'enfant leva le nez de son assiette et regarda son protecteur.
« Dites monsieur, en quoi consiste mon travail ? »
« Bien si tu as fini, je vais te le montrer. »
Les deux personnages quittèrent la taverne et se dirigèrent vers l'extérieur de la ville. Au bout de 20 min de marche, ils arrivèrent devant les écuries royales.
« Tu n'as pas peur des chevaux j'espère ? »
« Non monsieur ! »
« Bien parce que mon petit boulot consiste à être mon page !!! »
« Vrai ? Vrai de vrai ? »
« Bien sur ! Et tu commence même tout de suite ! »
******
Lyseron regarda le chevalier puis autour de lui. Ils venaient de rentrer dans l'établissement.
« Alors, ton travail, c'est le nettoyage de mes chevaux et de leurs stalles c'est compris ? Tu trouveras tout ce dont tu as besoin dans le box là-bas. Je viendrais te chercher ce soir pour te montrer ou tu dormiras.
Sur ce, Kerto disparu par la porte d'entrée et s'éloigna.
Lyseron se mit en devoir de visiter les écuries il se rendit bien vite compte que chaque cheval possédaient sa propre stalle mais qu'en plus, sur chaque stalle était inscrit le nom du cheval et du propriétaire. Il y avait bien sur des box vides pour les destriers des visiteurs ce qui enlevait pas mal de travail.
Kerto possédait 2 chevaux, TÄ et Set.
TÄ était un immense cheval baie aux crins noirs comme l'ébène. Dès que Lyseron le vit sa première réaction fut de reculer, ce qui provoqua le rire de bon nombre d'autres petits travailleurs.
Quelqu'un lui tapa sur l'épaule, le jeune garçon se retourna et tomba nez à nez avec un autre garçon de son âge.
« salut » lui dit-il avec un large sourire
« Je m'appelle Menia et toi ? »
« Lyseron. »
« Ainsi donc, c'est toi qui s'occupe des chevaux du seigneur Kerto ? Il t'a déjà parlé de Set ? Tu l'as déjà vu ? Et de la nuit il t'a parlé de la nuit ? Non je vois bien a ton air interrogateur que non ! »
« Menia laisse le donc tranquille !!!! »
Un homme immense sortit de l'ombre. Lyseron fit de nouveau un pas en arrière, mais ce ne fut pas un pas de peur mais de surprise.
« Je me nomme Naiack. Ne fait pas attention a ce petit malin il ne sait pas que maître Kerto m'a demandé de t'enseigner tout cela ! Je suis le deuxième maréchal-ferrant. Si tu veux quelque chose du fenil tu viens me trouver, si tu remarque qu'un cheval a un problème c'est pareil. » Tout en discutant, Naiack venait d'amener le jeune garçon devant une stalle sombre. L'homme s'arrêta et parla beaucoup plus bas, sa vois se fit murmure et Lyseron du faire un effort pour le comprendre.
« Ici c'est la stalle de Set, fait attention ce cheval est dangereux ! Il pourrait te tuer d'un coup de sabot sans que tu t'en aperçoives !!! »
« Mais pourquoi dois-je m'en occuper alors ? » Demanda l'enfant.
« Non tu ne dois pas, t'en que le maître ne t'en donnera la responsabilité ! Ce cheval à déjà tuer les trois derniers pages du seigneur ! »
Naiack s'éloigna, Lyseron et Menia sur les talons.
« Ici, les pages sont divisés en trois groupes, le premier groupe réunis les pages du roi et le premier maréchal-ferrant. Ils ne s'occupent que des chevaux du roi et il y en a quelques-uns uns !
le deuxième groupe... »
« c'est nous, c'est nous, c'est nous, ... » chantonna Menia
« Oui, c'est à dire, le deuxième maréchal-ferrant et les pages des chevaliers, nous, on s'occupe de leurs chevaux uniquement. Et le troisième groupe, comprend le troisième maréchal-ferrant et les autres pages ils ne s'occupent que des chevaux des invités et ne peuvent ni monter à l'étage. Ni passer de l'autre côté de ce mur ! »
« Pourquoi ? » demanda Lyseron
« Parce que c'est la Zone du roi ! Pardi! Bon je dois retourner à mon boulot ! Commence le tien par TÄ, il a besoin d'être brosser et sa stalle nettoyer. »
Naiack laissa le jeune page et s'éloigna dans l'ombre, Menia sur les talons.
******
Lyseron se mit au travail avec une ardeur nouvelle. Il venait de terminer lorsque le soleil se coucha. Un drôle de bruit attira son attention, il provenait du box de Set. Le jeune homme s'y dirigea lorsque tout à coup...
« C'est du bon boulot que tu as fais bonhomme ! »
Kerto se trouvait derrière lui et lui souriait.
« Allez prends tes affaires, je t'emmène au château, je dois y voir le roi et te montrer ton lit. »
« Je vais dormir au château ? »
« Oui dans ta propre chambre ! Dépêche-toi, je suis déjà en retard ! »
Le chevalier emmena le jeune page.
Le château se situait non loin des écuries, à vrai dire, on le voyait de partout tellement il en imposait. Kerto s'introduisit à l'intérieur par une porte dérobée.
« C'est le meilleur moyen pour rentrer et sortir sans problèmes » fit-il en adressant un clin d'½il au garçon.
Ils pénétrèrent dans une immense pièce ou brûlait un brasero ;
« C'est la salle des gardes ici, tu y trouveras toujours un homme ou deux au cas ou ! »
Ils longèrent un immense couloir border de tableaux et prirent une grande porte à gauche.
« Souvint toi bien du chemin, car pour sortir il faudra te débrouiller. Nous voici aux cuisines, ton dîner t'y attendra sur ce plateau. Regarde ton nom y est graver ! »
En effet, Lyseron put constater que le plateau lui appartenait.
« Tu prendras ton dîner et ton déjeuner dans la salle à côté. Elle est réservée aux pages sans distinction de fonction. Tu verras que vous êtes nombreux et qu'il n'y a pas que ceux des écuries. Viens suis-moi, je te montre ta chambre. »
Ils traversèrent la salle commune et prirent un autre couloir, mais celui-ci était plus étroit, il n'y avait pas de tableaux et de part et d 'autres on pouvait distinguer dans la semi-obscurité des petites portes. Kerto compta tout haut :
« 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,... 15, 16, 17, 18, 19, ......22, 23, et 24. ta chambre est la 25ième à droite. Bon je te laisse, tu sais te débrouiller ? Oui je m'en doute. Et bien bonne nuit et à bientôt. » Le chevalier s'évanouit dans le noir. Lyseron reprit le chemin des Cuisines, prit son plateau et alla manger dans la salle. Il y fut rejoint très vite par Menia et quelques-uns autres qu'il reconnut. Ils s'installèrent près de lui et mangèrent sans un mot. Puis d'autres entrèrent, ils avaient tous le même costume : Tablier blanc sur collant vert avec au dos deux loups combattant brodé.
« Ce sont des pages de la bibliothèque, il travaille pour le mage Mesmir. » Souffla Menia.
« Ceux qui rentrent sont des pages de flambeaux, c'est eux qui les allument le soir et les éteignent le matin. »
Ceux qui venaient de rentrer portais des collants rouges et le même tablier d'une couleur orangée.
« Ceux-ci travail dans les donjons, ils apportent à manger aux prisonniers. »
Ceux là étaient habillés tout de noir.
Il en vint d'autres et d'autres encore avec des tenues différentes. Lyseron comprit alors qu'ils faisaient fonctionner le château tout entier. « Au fait, tiens voici ton bonnet, tu devras le porter constamment à partir de maintenant ! »
******
Le chevalier noir venait de rentrer dans une pièce sombre, l'anti chambre du roi. De longs rideaux noirs tombaient du plafond, les flambeaux étaient éteints et pourtant une faible luminosité persistait. Cette infime lumière provenait de bougie aussi noires que la nuit, il était donc impossible de les distinguer dans cette obscurité. Elles diffusaient une lumière sombre qui abattaient tout esprit faible pénétrant dans cette pièce. Kerto pouvait y circuler sans danger, depuis longtemps déjà, il pouvait maîtriser son esprit et le diriger vers un seul but.
« Entre mon ami, entre, nous t'attendions pour commencer ! »
Vamir attendait, debout à côté de son trône, il regardait vers la fenêtre et pourtant avait sentit la présence de son shérif malgré que celui-ci soit complètement caché par les rideaux.
« Regarde ce qu'on nous ramène d'Ortamios et de Limanoch ! »
Au centre de la pièce, un groupe de 20 jeunes filles se tenait. Elles étaient tremblantes de froid et d'effrois. Bachlios émit un son semblable a un grognement de contentement en avançant vers les frêles pucelles. Elles reculèrent d'instinct se rapprochant du coup de Niargo qui tentait vainement d'un agripper quelques-unes unes à leurs jupons.
« Qu'en pense-tu ? Ne sont-elles pas mignonnes à souhait ? Vas-y mon ami, choisis en une ! Et toi Bachlios ? Y en a t'il une qui t'intéresse ? Va, choisis, et toi aussi mon bon Niargo !! »
Niargo saisit le poignet d'une des nymphes et la tira à lui, elle se débattait mais n'osait crier. Il faut dire que le chevalier n'était pas bien beau à voir. Pas très grand, les cheveux rares, les yeux vairons, ce qui était un signe d'esprit trouble.
Bachlios quant à lui c'était sa taille qui impressionnait. Il dépassait tout le monde d'à peu prés 1 tête et demi, les cheveux blonds, les yeux bleu sombre, sa force était égale à celle de 20 hommes réunis. Sa carrure était celle d'un taureau adulte. Ho il aurait pu être un homme bon doux et tendre, mais sa réputation le précédait ! Il était brutal et se complaisait dans les coups. Celles qui devenait son amante, ne vivait guère plus le temps d'une ou deux nuits.
Les pauvres filles en avaient entendu sur tout le chemin, comment se comportaient les soldats, certains étaient doux mais rare, les autres étaient cruels et assoiffés de jeunesse nouvelle, autrement dit de pucelles. Elles avaient toutes passer un « examen » en ce sens, par une vieille qui vérifiait l'état de la « marchandise » car c'est comme cela qu'on les voyait, des reproductrices et rien d'autres.
Kerto s'attarda un peu sur les pieds d'une, les yeux d'une autre, la poitrine, les cuisses, la bouche, mais aucunes ne l'intéressait réellement. Il savait bien que cela ennuierait profondément son roi, mais non, celle dont il rêvait n'était pas parmis elles. Soudain, son regard fut attiré par une chevelure d'un blond pâle. Il écarta les frêles créatures et se trouva nez à nez avec une jeune fille plus pâle que les autres, plus tremblante, dont la couleur des yeux semblait avoir été diminué tant elle avait pleuré. Il voulut la prendre dans ses bras, la consoler et surtout la ramener chez elle. Kerto soupira puis se retournant vers son prince :
« Aucune ne m'intéresse sir ! »
« Aucune ? Voyons Kerto, mon ami, voilà dix ans que tu refuse ces petits oisillons, cela commence à bien faire ! »Le prince commençait à s'énerver et est ce par instinct ou par intelligence, les gardes et les jeunes filles reculèrent.
« Tu compte trouver la perle rare ? Elles n'existent plus, seul Limanoche en possédait, mais je les aie détruites avec leur royaume ! » Vamir se rassit, il reprenait sa respiration mais son regard était en colère.
« Je suis désole mon prince, mais je veux une vraie femme et ici je ne vois que des enfants ! »
Et sur ce, Kerto sortit.
******
lyseron était allongé sur son lit, il regardait le plafond. Le château l'incommodait, quelque chose l'effrayait. Une chose innommable, sombre, noire et dangereuse planait dans les couloirs du bâtiment. Le jeune garçon se leva et sortit sans bruit de sa cellule.
Plus loin dans le château, Kerto venait de rejoindre la sienne. Il était épuisé mais heureux de sa journée. Il se déshabilla lentement retirant son casque tout d'abord, laissant apparaître une chevelure noire, piquée d'argent. Deux yeux bleus sombre et une barbe naissante. Il enleva son plastron, ses jambières et ses solerets. Il ne lui resta que sa tunique d'un bleu aussi sombre que ses yeux. Kerto se regarda dans le miroir, enleva sa tunique et se retrouva à moitié nu devant la glace. Une cicatrice lui barrait la poitrine. Ses muscles qu'il avait formés assez tôt le faisaient souffrir, la longue chevauchée de la matinée les avait ankylosés. Il appela sa servante et lui demanda un bain chaud. Anya sortit de la pièce avec un seau et revint un peu plus tard, accompagnée de trois autres jeunes femmes et de seaux d'eau bouillante. Elles en remplirent le baquet puis s'écartèrent. Kerto s'y immergea un soupir de contentement sur les lèvres. Il renvoya les jeunes filles, bien qu'il sentit qu'il n'en avait qu'à moitié envie. Il se massa les bras et les cuisses puis resta un moment dans l'eau à se relaxer. Il sentit soudain deux mains ferme se serrer sur son coup et le plonger dans l'eau. Il se débattit un instant puis se laissa faire. Au bout d'un moment les mains se desserrèrent puis lâchèrent prise. Kerto se releva tranquille. Il savait que ces mains n'avaient pas existées, qu'elles faisaient partie du rêve qu'il faisait sans cesse. Le chevalier se rassit dans l'eau. Il lui fallait oublier ce cauchemar et au plus vite. Il devait être tard plus aucun bruit ne troubla le château pendant un moment puis il y eut les cris.....
D'où il était, Lyseron l'entendit et bien qu 'il ne fut pas éloigné de sa chambre, il courut pour la rejoindre, terrifié, car il avait reconnu les cris d'une femme, mais ne savait d'où cela venait. Arrivé dans le couloir des cellules, il fut étonné de ne voir personne, pourtant il était sur qu'ici aussi on avait entendu ces cris terrifiant. Une lumière s'alluma dans le fond du couloir et se rapprochait dangereusement pour le jeune visiteur nocturne. D'un bond il fut dans sa chambre, d'un autre, il referma la porte et se blottit au fond de son lit en fermant les yeux. De longue minute s'écoulèrent et puis on frappa à sa porte. Puis elle s'ouvrit lentement.
« C'est bon, celui-ci dort à point fermé, il n'a rien entendu ! .
Puis la porte se referma et les voix s'éloignèrent. Le jeune page retira les couvertures de sa tête et se remit tranquillement sur son oreiller.
« Visiblement, visiter le château de nuit n'est pas une bonne idée ! Il me semble qu'on est surveillé et qu'au moindres cris du château on vérifie si on dort !!! Mais qui a crié et pourquoi ? Et pourquoi nous surveiller? .
Avec toutes ses questions en tête, lyseron s'endormit.
Plus loin, dans les entrailles du bâtiment, au fond d'un couloir obscur, un homme se promène, il a un sourire bestial sur le visage et les mains qui tremblent. Derrière lui un autre homme il le regarde, la tête légèrement sur le côté. Son sourire à lui est sinistre et étire toute sa figure. Une lumière se rapproche d'abord petite et puis de plus en plus grosse. Les deux chevaliers commencent à apercevoir une main, puis un bras et enfin un visage, c'est Kerto, il vient à leur rencontre.
« Bachlios, qu'a-tu encore fait ? »
Pour seule réponse, le chevalier le dépasse en souriant.
« Niargo ? »
« Messire, il n'a fait qu'honorer sa femme de sa présence cette nuit ! »
Répondit le chevalier. Kerto se précipita dans la chambre de son acolyte et ce qu'il y découvrit le glaça d'effroi. Une jeune fille de 15 ans tout au plus se tenait en boule au bord du lit, les épaules secouée de sanglot. Des chaînes lui tenaillaient les poignets, les chevilles et le cou. Kerto se retourna, courut sur Bachlios et le frappa encore et encore, les deux chevaliers se retrouvèrent à terre à lutter. Ils furent bientôt entourer d'une pléiade de gardes qui se mirent à parier sur l'issue du combat. Celui-ci ne tarda pas à se terminer à la faveur de Kerto. Il empoigna son subalterne et le balança contre un mur, lui sauta dessus et le frappa au visage.
« Ou sont les clefs Bachlios ? »
Pour toute réponse il n'eut droit qu'à des rires.
« Je te le répète: ou sont les clefs ? »
Le rire reprit de plus belle.
« Bien puisque tu le prends ainsi... »
Kerto se saisit de son épée et se rapprocha de Bachlios.
« Que...que... que vas-tu faire ??? »
Bégaya le chevalier terroriser à la vue de la lame de son chef.
« Tout simplement te déshonorer ! »
« Non, non, tiens voilà les clefs, fais de cette gamine ce que tu voudras de toute façon elle n'est bonne à rien ! »
Et Bachlios éclata de rire, ce dernier fut vite couper car Kerto se retourna et l'assomma du plat de son épée.
Le chevalier noir retourna dans la chambre ouvrit les chaîne une à une et enroba l'enfant dans une couverture. Puis la soulevant du sol il s'éloigna de la chambre et disparut dans l'obscurité.